Carnaval!

Ici, à Barranquilla, on sait faire la fête, surtout pour carnaval. Pendant 4 jours, tout s’arrête et la ville entière vit au rythme des parades et de la danse.

Pour nous, ça a commencé à l’hôtel, dès le petit déjeuner avec un spectacle accompagné de shots d’Aguardiente, l’alcool local, histoire de se mettre dans l’ambiance…

Ça a continué par 3 heures d’une queue interminable pour rejoindre nos places dans des gradins ce qui s’est avéré impossible 🙁 Qu’à cela ne tienne, nous avons finalement réussi à trouver une petite place pas trop loin de la parade et même si on n’a pas tout vu, on était vraiment dans l’ambiance 🎉

5 heures de défilés, des chars, de la musique, de la danse, des milliers de participants… Idem dans les gradins, la bière en plus. On s’est fait asperger de mousse, de maïzena, le tout dans la bonne humeur et la convivialité!

Et bien sûr, la fête n’allait pas s’arrêter en si bon chemin. Certains sont repartis en taxi, en bus ou encore en charrettes!

Quant aux autres, les sonos des voitures se sont substituées à celles des chars et de nombreuses rues se sont transformées en discothèque à ciel ouvert, jusqu’à tard dans la nuit. Et on en a bien profité!

Ce séjour, qui avait commencé très fort se termine sur cette très belle note. Cette fois encore, nous avons apprécié la gentillesse et l’accueil chaleureux que nous ont réservé les colombiens. Nous y avons retrouvé les notions de patience (n’est-ce pas Michelle 😉), d’empathie, de gentillesse, de solidarité que l’on oublie parfois dans nos mondes occidentaux. Et il n’est pas exclu que nous y revenions pour découvrir le Sud du pays que nous ne connaissons pas encore.

Merci, à vous qui avez participé à ce blog par vos commentaires publics et privés. Ça fait toujours plaisir d’avoir des nouvelles lorsqu’on voyage! Bises et à bientôt certainement!

¡Quien lo vive es quien lo goza!

À propos de Cartagena

Derniers jours à Cartagena, il est temps que je vous en parle!

Il fait bon flâner dans sa vieille ville coloniale, très joliment restaurée: rues pavées, remparts, balcons fleuris de bougainvilliers, façades colorées, églises, places…

On la qualifie souvent de romantique, surtout au coucher du soleil lorsque ses monuments se parent de lumières et qu’on les admire depuis l’un des nombreux roof top bars en sirotant un mojito avec en bruit de fond le clop clop des (pauvres) chevaux tirant les calèches des touristes.

Tous les soirs, l’atmosphère est à la fête, à la musique et à la danse. Que du bonheur !

Une Chiva, un bus avec animations, musique live, danse…

Cartagena c’est aussi le quartier de Getsemani, dont je vous ai déjà parlé mais où, pour le moment, la fête est interrompue par les autorités place de la Trinidad, son centre névralgique, au grand dam des fêtards mais surtout de tous ceux qui y travaillaient: vendeurs de fruits, nourritures en tout genre, boissons, artisanat etc… Leur licence étant valable uniquement sur cette place, ils se retrouvent au chômage forcé, désespérés quant à leur avenir. L’un d’entre eux nous a dit que si ça devait durer 3 mois comme le laisse entendre la rumeur, il devrait se tourner vers un commerce bien plus lucratif, pour lequel la Colombie est malheureusement bien connue…

Place de la Trinidad barricadée 🙁

Cartagena, c’est également le quartier de Bocagrande ou le Miami colombien avec ses gratte-ciels et ses plages, pas très jolies et bondées surtout les week-ends.

Cela étant, il y a d’autres options dont, à 1 heure de bateau de la ville, un archipel de 27 îles, Islas de Rosario, qui coche toutes les cases du fantasme « îles paradisiaques ». J’y ai visité la belle et relaxante Isla Bendita. Pas mal du tout!

Philippe est arrivé ce matin et je me réjouis de poursuivre avec lui ce voyage par quelques jours de plage et de fêtes puisque nous irons à Barranquilla pour le carnaval qui est le second plus grand d’Amérique du Sud après celui de Rio. I’ll keep you posted !

Très bon week-end à tous et bonnes vacances à ceux qui les entament cette semaine !

Sur le chemin de l’école

Ça n’en a peut-être pas l’air mais c’est bien un séjour linguistique de dur labeur, avec quotidiennement 4 heures de cours d’espagnol, que j’effectue. Et il m’arrive même d’avoir des devoirs! J’espère que vous compatissez 😉

Ça bosse dur!

Je loge et vais à l’école dans le vibrant quartier de Getsemani, jouxtant la partie fortifiée de Cartagène. Ici vivaient les esclaves affranchis, les artisans, les rebelles. C’est de là qu’est partie la révolution qui a permis à la ville de se libérer de la colonisation espagnole.

De nos jours, c’est devenu un quartier branché, bohème, en pleine gentrification qui attire de nombreux touristes venus admirer les magnifiques graffitis qui décorent ses ruelles pimpantes, pavoisées, aux maisons colorées.

Le soir, on se retrouve place de la Trinidad grouillante de monde, d’artistes de rue et de marchands. Ambiance garantie !

Même s’il ressemble à un musée à ciel ouvert, ce quartier est encore un vrai lieu de vie avec ses artisans, vendeurs ambulants, commerces en tout genre, quincailleries etc.

À la tombée du jour, les habitants s’approprient les ruelles s’y installant dans des rocking-chairs, autour de tables de jeux ou encore d’une sono (à fond bien sûr, on est en Colombie) pour profiter de la douceur de la nuit. Pendant combien de temps Getsemani réussira-il à préserver son identité ? Les promoteurs immobiliers guettent, les prix flambent et certains « getsemaniens », en digne successeurs de leurs ancêtres se mobilisent pour chasser ou tout au moins freiner, l’envahisseur…

Les résidents de Getsemani souhaitent leur quartier sans drogues, bruit, vols, prostitution ni consommation d’alcool dans l’espace public!

Pour terminer ce post, même si ce n’est pas tout à fait le chemin de l’école, un petit mot ou plutôt des photos de mes voisins qui logent dans le Parque Centenario, juste en face de chez moi: des oiseaux, des singes, des iguanes et une famille de paresseux au grand complet!

Maman paresseux avec son petit sur le ventre

Bon week-end à tous!

Minca, petit paradis des backpackers

À environ 45 minutes de route de Santa Marta, les 800 habitants du village de Minca, perché dans la Sierra Nevada, ont vu leur monde se transformer. Ils sont passés d’une « no-go zone » à une étape maintenant bien inscrite sur le trajet de tout routard digne de ce nom, même si, d’après cet article du « Petit Journal de Bogota » (et oui, j’ai mes sources 😄), les paramilitaires sont toujours, discrètement, présents.

Je n’ai pu y passer qu’une journée mais ai eu le temps d’apprécier l’ambiance très relax du village, ses cafés, sa boulangerie française proposant des baguettes, du pain au levain, des sandwichs… Miam!

En fait, on y va surtout pour sa nature: balades dans la montagne vers des cascades rafraîchissantes, ornithologie, séjours dans des écolodges avec vue sur la mer et/ou hamac géant. On peut aussi y visiter des exploitations de café et de cacao. Et si on ne veut pas marcher, on se fait déposer en moto-taxi, la plupart des chemins n’étant pas accessibles aux voitures.

En surplomb de la cascade. On vit dangereusement !
Effet « bain froid » après sauna garanti!

Enfin, c’est le point de départ d’une randonnée de 4 jours, mythique en Amérique du Sud, vers la « Cuidad Perdida » ou cité perdue qui a été érigée puis abandonnée par les Taironas dont je vous parlais dans mon post précédent.

Bref, c’est un endroit où il fait bon passer quelques jours pour se ressourcer ou refaire le monde autour d’un café. Il semblerait que son pendant côté mer, Palomino vaille également le détour…

Bon week-end à tous!

Parc Naturel National Tayrona

Incontournable d’un voyage en Amérique du Sud et la fierté de tout colombien, le PNN Tayrona, à 4 heures de route à l’est de Cartagène, est un joyau de la côte Caraïbe.

Cabo San Juan

Tayrona, c’est une nature sauvage, préservée d’environ 20000 hectares terrestres et maritimes. C’est une cinquantaine de plages paradisiaques dont la plus connue, Cabo San Juan est digne d’une carte postale. L’eau est bleu turquoise, chaude, cristalline, le sable blanc, les cocotiers se balancent sous la brise. La barrière de corail est tout près… Vous imaginez le tableau?

C’est aussi de la mangrove, des marais et une forêt tropicale préservée, foisonnante de faune et de flore au pied de la Sierra Nevada de Santa Marta.

Mais surtout, c’est un territoire sacré pour les peuples indigènes descendants des Taironas, la tribu qui habitait cette région avant d’être massacrée par les colons espagnols. Le parc comprend de nombreux sanctuaires, des cimetières ainsi que des lieus sacrés où ces quatre peuples continuent de se retrouver régulièrement pour des cérémonies rituelles. Ces derniers considèrent le parc comme leur propre territoire et luttent pour le récupérer ou tout du moins faire respecter les lieux sacrés et en interdire l’accès aux touristes. Ils ont en partie obtenu gain de cause et le parc est fermé 3 fois par an pour des cérémonies de « limpieza » ou nettoyage. Cette année, il est fermé tout le mois de février pour permettre à la terre de respirer et se régénérer, début juin car elle a ses «règles »  et fin novembre pour que les animaux puissent y effectuer leurs rituels.

Vous l’avez compris, c’est un lieu magnifique, riche et profond que je me suis sentie privilégiée de pouvoir visiter le week-end dernier, d’autant plus qu’il ferme dans quelques jours.

Jolie vue, le camping!

Si vous souhaitez y aller, je vous conseille d’y passer une ou deux nuits (camping ou lodge) ce qui vous permettra d’avoir le parc pour vous « tout seul » en dehors des quelques heures pendant lesquelles débarquent, comme moi, les touristes venant y passer la journée.

Si vous ne souhaitez ou ne pouvez pas y dormir, Santa Marta, à 1 heure de route est une bonne base. J’y ai dormi dans une auberge de jeunesse « Masaya Hostel » que je vous recommande chaudement: confortable, superbe accueil et ambiance, très bien située, roof top avec piscine, bar, espaces de détente. Que du bonheur après les 16 kilomètres de marche à l’intérieur du parc!

San Basilio de Palenque

De par sa situation géographique sur la côte caraïbe et son accès au Rio Magdalena, l’un des fleuves les plus importants de Colombie, Carthagène a toujours été un port de commerce important et l’est encore aujourd’hui. De nos jours, de nombreux touristes se déversent quotidiennement, par paquebots entiers, dans les rues de la vieille ville. Au XVI ème siècle par contre, durant l’occupation espagnole, c’est bien moins volontairement que sont arrivés d’Afrique de nombreux esclaves.

Certains se sont révoltés, d’autres ont réussi à s’enfuir. Sous l’influence de leur leader, Benkos Biohó, ils ont fondé des « palenque » ou villes fortifiées, afin de s’y réfugier. Celle de San Basilio de Palenque, à environ 1 heure au sud de Carthagène, est la seule à exister encore aujourd’hui. En 1691, la couronne d’Espagne a accordé à ses habitants le statut d’hommes libres. Palenque est alors devenue la première communauté libre des Amériques.

De nos jours, forte d’environ 4000 âmes, descendants d’esclaves congolais et angolais, c’est une ville classée au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO pour le rôle primordial qu’elle joue dans la culture afro-colombienne.


La communauté a sa propre langue, sa propre police ainsi que des pratiques sociales héritées de ses racines africaines.

Là-bas, on déambule avec ou sans chaussures dans des ruelles souvent en terre. Les maisons traditionnelles sont en torchis, on voit de-ci de-là un cochon traverser la rue. Le soleil cogne…

On est accueilli au son des tambours et accosté par les Palenqueras, ces femmes aux robes colorées qui tentent de nous vendre quelques fruits et que l’on retrouve à Carthagène posant avec les touristes en échange de quelques pièces.

j’ai visité ce village samedi dernier en compagnie de Michelle que j’ai rencontrée ici. Dimanche, nous sommes allées à Isla Benditas, un petit îlot paradisiaque à 1 heure de bateau de Carthagène 🏝

La semaine qui se termine à été studieuse avec 4 heures de cours quotidien et nous nous apprêtons à nous rendre au Parc National Tayrona ce week-end où les paysages sont, paraît-il, à couper le souffle. Je ne manquerai pas de partager mes photos et impressions.

Très bon week-end à tous.

Ça commence fort!

Me voilà de retour en Colombie, à Carthagène des Indes cette fois, pour quelques semaines de cours d’espagnol suivies de tourisme le long de la côte caraïbe 😎

Jeudi, je pensais passer ma première journée à m’installer, finaliser mon inscription aux cours puis arpenter les rues pimpantes de la vieille ville ou lézarder au bord de la piscine avant la fraîcheur toute relative du soir. Que nenni!

L’activité du jour à Nueva Lengua, l’école d’espagnol, était quelques heures de bénévolat d’enseignement de l’anglais dans un quartier défavorisé à 1h1/2 de Cartagène et on m’a proposé de me joindre au groupe. Bien entendu, je n’allais pas laisser passer cette occasion. Et quelle expérience ça a été!

Une quarantaine d’enfants de 6 à 12 ans, nous attendaient avec impatience dans une « salle de classe » en tôle ondulée, surchauffée. L’accueil fut très chaleureux: applaudissements, sourires et mots de bienvenue. Les enfants étaient vraiment heureux d’apprendre quelques mots nouveaux en anglais, motivés, concentrés, appliqués. Le rêve de tout enseignant, même à la retraite 😉

La timidité des premiers instants a laissé place à des échanges et nous avons tenté de satisfaire notre curiosité réciproque dans la mesure de nos capacités langagières. J’ai confirmation qu’il y a encore du boulot 😂

Ensuite, la salle de classe s’est transformée en cantine et nous avons tous déjeuné d’une soupe poulet/ légumes, typiquement colombienne et de riz…
Rangements, nettoyage puis ce fut le moment de nous quitter non sans un pincement au cœur. Une petite m’a même dit qu’elle aimerait que je sois sa grand-mère. No comment !

Ces actions sont organisées par la Fundación Sonrisas de León, créée il y a 3 ans. Pour le moment, ils sont en mesure d’éduquer et de nourrir les enfants 3 fois par semaine mais espèrent pouvoir étendre leur action aux mamans pour faire de l’éducation à la santé, la diététique etc. Le four qui se trouve près du tableau devrait être mis en service la semaine prochaine afin de préparer des pizzas et autres plats cuisinés qui pourront être vendus afin de lever des fonds pour étendre leurs programmes. Poco a poco…